" Hello Mister " du nord du Myanmar jusque l'Est de l'Indonésie ...

Voici les deux mots qui signifient que vous avez mis le pied en Asie du Sud Est. Je m'étais habitué au "Hey BOSS " africain mais il faut faire varier les plaisirs alors aussi bien les enfants, les femmes que quelques personnes âgées ne pourront résister à cette prise de contact immédiate. A préciser que lorsque l'on dépasse les 50 fois par jour, ce devient heu comment dirais-je : Répétitif!!!

C'est depuis la rue Jalan Jaksa en plein milieu de Jakara que se termine mon séjour dans cette région du monde où on passe aussi vite du Boudisme au culte Musulman, du peuple Batak aux Shamans de Siberut et de moins 40 mètres dans les eaux des îles Togean à plus 4 096 mètres dans les airs du Kinabalu.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que la diversité offerte dans les quelques pays d'Asie que j'aurais eu la chance de visiter m'aura donné envie de revenir.
L'Indonésie est si grande, le Myanmar tellement isolé et la Thaïlande incessamment traversée par un tourisme massif qu'il peut être difficile de faire son choix entre la liste des incontournables et les itinéraires les plus périlleux.

Comment oublier la tente sur une plage comme protégée au beau milieu des Iles Perenthian, la cabane en bois de Nong Kiaw sur les bords de la rivière Nam, l'ascension nocturne sous les pluies fines du volcan Merapi de Sumatra et les ballades dans les rizières du Tonan Toraja en plein Sulawesi? Il existe dans ces régions un paradoxe entre une profonde difficulté aux arts de la communication et une immense disponibilité de tout ce dont vous avez besoin. C'est le continent de l'hémisphère Sud où l'on rencontre les meilleures conditions de voyage pour des prix défiants toute concurrence et où les traditions culinaires sont les plus délicieuses. On n’envisage peut être pas d'aller s'y installer pour plusieurs années mais on rallongerait volontiers son séjour de quelques mois.

En bas à droite d'une Asie à l’allure fragmentée, on voyage facilement et vous n'aurez aucun mal à passer en dessous puis au dessus de l'équateur de la façon qu'il vous plaira. Certaines traversées resteront les pires souvenirs de vos besoins de découverte car les 10 ou 15 heures de minibus sur des routes que nous croirions infranchissables se feront un malin plaisir de chatouiller votre interprétation personnelle du concept de patience mais si c'est le seul moyen et que les locaux utilisent durant une vie entière, vous pouvez bien vous y essayer au moins quelques centaines de kilomètres.

Je ne saurai décrire si je suis plus sensible aux visages et aux attitudes des plus jeunes ou des plus âgés.
Est-il nécessaire de comparer les yeux inquiets de cette jeune fille qui aura accepté de chanter quelques minutes sous l'œil de ma camera dans la ville de Berastagi, avec le regard expérimenté de cette vieille dame qui en plein village Mentawai m'aura invité à aspirer l'intérieur d'un crabe à peine sorti de l'eau ?

Il me semble que ces moments appartiennent à la même catégorie : inattendus, entiers, explosifs, tactiles et d'une spiritualité trop rare pour ne pas s'y plonger. Est-ce qu'on se prend alors pour l'aventurier des aventuriers ou le preneur d'image le plus créatif, je ne sais pas mais ce dont je suis convaincu, c'est que l'on s'imprègne facilement et profondément de ces quelques secondes de Bonheur. Nous voudrions que ces secondes se transforment en minutes puis en heures. La clé de ces instants magiques réside peut être dans le fait de savoir prendre et apprécier suffisamment son temps.

Au moment où j'écris cette conclusion sur la seconde partie de mon voyage, ceux sont les prières de la fin du Ramaddan qui assomment les buildings de Jakarta et je ne pouvais rêver meilleur contexte pour m'avancer doucement vers la Nouvelle Zélande. Projeté au centre d'une religion mal perçue et que chaque jour de nouvelles populations accusent, je me dis que le respect de l'autre ressemble fort à une solution qui ne pousserait plus personne vers les extrêmes, qui ne font que multiplier les blessés, les opprimés et les morts.
Loin d'être un grand spécialiste des questions parfois religieuses, parfois politiques mais souvent économiques (puisque la guerre rapporte tellement de pognon), je pense sincèrement qu'en voyageant dans ces mondes si différents, on est amené à se poser plus de questions et donc, a réfléchir un peu plus près des destinations où la misère et la pauvreté frappent le plus souvent et avec une rage dont nous ferions bien de nous inquiéter un peu plus.

" 6 Milliards de Piverts " repartira d'Asie pour l'année 2007 avec un certain apprentissage de la difficulté à trouver, comme en Afrique, des projets mènés par des locaux, des projets que nous nous voulons capables de soutenir plusieurs années afin que des résultats significatifs soient obtenus.
En parlant de résultats, je m'accuserai volontiers d'un léger manque de performance pour ces 5 derniers mois. En effet, à ce jour, il n'y aura eu que deux actions engagées par nos soins et notre idée doit encore faire ses preuves. Néanmoins, j'ai plusieurs contacts dans la poche qui peuvent se révéler très prometteurs. L'un d'entre eux est un projet qui touchent les enfants fuyant la Birmanie et qui se retrouvent en Thaïlande sans aucune identité. Ma motivation n'a pas chuté et même si du coté de la Nouvelle Zélande, l'association connaitra naturellement un passage à vide, je suis très confiant au regard de ce que nous pourrons entreprendre en Amérique Latine.

Une fois encore, appel à tous ceux qui entendent leurs amis, leurs collègues, leurs frères et sœurs parler un peu fort de leurs envies de voyage. Nous avons besoin de nouveaux piverts pour étendre la liste des projets que nous soutiendrons par tous les moyens que nous serons capables de rassembler. Commencer petit pour grandir plus sérieusement, voila une idée " qui va bien " comme dirait mes chers compatriotes de Gre !!!

Vous êtes nombreux a m'envoyer des messages, me tenir au courant de vos bonnes nouvelles (pas moins de 9 naissances depuis que j'ai quitté la France) et me faire parvenir des photos de ce qui se passe chez vous. Sachez que sur la longueur, c'est très important pour moi de ne pas perdre le contact avec ce qui me ramènera toujours chez moi : Vous : amis, famille et autres patrons de bistro.

Merci et que chacun d'entre vous puisse trouver les moyens de réaliser les rêves qui nous ont tous amenés à nous endormir avec un goût de " Demain, je me lance ...". Comme dirait un professeur argentin dont j'ai eu la chance de suivre les classes a l'Université de Valparaiso : Adelante !!!

Il est environ 5 heures du matin et les moustiques s'acharnent ...
 

Sumatra: Ca faisait tellement longtemps que j'attendais...


Pour retourner en Indonésie après un premier voyage avec Nana au tout début de ce millénaire, l'île de Sumatra et ses tremblements en tous genres était la destination que j'attendais, celle qui m'intriguais le plus.




L'indonésie avec plus de 17 000 îles dont 11 000 sont inhabitées, le tout étendu sur plus de 5 000 kilomètres en Asie et en Australie, ses 250 millions d'habitants dont 50% vivent sur l'île de Java, ses 130 volcans actifs. Même si elle a longtemps était un mélange de boudihsme et d'indouisme, elle est aujourd'hui la plus forte concentration musulmande au monde et recense également de nombreuses ethnies éparpillées dans toutes les îles de cet interminable pays.


L'occupation fut essentiellement hollandaise, l'indépendance est venue le 17 Aout 1945 puis ce fut une invasion japonaise et ensuite 30 années de dictature sous Soeharto. C'est aujourd'hui une démocratie dont on estime qu'elle fonctionne. On ne peut pas oublier pour autant le massacre organisé par l'armée indonésienne sur l'île du Timor qui est maintenant indépendante depuis 1999. On peut aussi mentionner le fait que chaque année, c'est un territoire égal à la superficie de la Suisse qui disparait en terme de forêt ce qui fait de l'Indonésie le taux de déforestation le plus élevé au monde.

La capitale du pays est Jakarta, on y utilise pour monnaie la roupille indonésienne et on y trouve la plus grosse fleur au monde et le plus gros lézard au monde mais tout cela dans des îles différentes.

Arrivé à Medan, tout est possible, chaque direction est envisageable car l'île est gigantesque, c'est tout simplement la 6ème plus grande île au monde !!!

Le meilleur moyen d'en profiter est peut-être de ne faire aucun plan et de laisser venir le programme jusqu'à moi. C'est ce que je fais en rencontrant Yoann qui après presque un an en Australie à bord d'une coccinelle décapotable se retrouve en Indonésie pour quelques semaines. Dans un Medan plein à craquer car nous sommes au tout début du Ramadhan, nous préparons doucement notre premire incursion dans la jungle du Gunung Leuser.



Pas question d'aller à la rencontre des Orang Utangs dans un endroit où ce sont plutot eux qui viennent vous voir, nous nous embarquons pour 5 jours de jungle en direction du village de Ketambe avec un guide que nous aurions mieux fait de ne jamais rencontrer. Notre aventure se sera mal finie avec lui mais on ne peut pas oublier que le séjour dans la jungle auront été parfaits.

Nous ne marchons que quelques heures par jour, quelques très jolies fleurs, plusieurs singes (dont le gibbon noir) mais trop rapides pour nous, une forêt immense dont les arbres atteignent des hauteurs extravagantes, les sangsues que nous ne pouvons pas éviter et qui font rougir nos chaussettes, nous voyons parfaitements les lits de branchages installés par les Orang Utangs qui dorment rarement deux nuits au même endroit mais il nous faudra encore patienter.

Toujours à proximité d'une source d'eau pour installer le campement, nous enchainons les endroits paradisiaques pour passer la nuit, nous achetons du poisson aux locaux qui passent nous voir, nous transpirons tellement et si vite que chaque baignade devient presque la meilleure sensation de la journée. Nous sommes déjà au 4ème jour et toujours pas un Orang Utang.

L'oncle de notre quide que nous avons vite surnommé " Tonton " montre à Yoann une fleur et c'est parti pour une séance de photos assis dans les feuillages. Je les regarde sans vraiment les regarder et puis soudainement, le yeux de Tonton s'illuminent, il fonce vers moi, m'agrippe l'épaule, me bouscule dans tous les sens. Après 4 jours de marche, je ne l'avais jamais vu avec des yeux si explosifs, il s'agissait JUSTE d'un Orang Utang mâle d'environ 70 kilos qui passait d'un arbre à l'autre suffisamment près de nous pour que nous oublions tout le reste, qu'il n'y ait plus que lui et nous.



Entièrement paralysé par ce spectacle, je n'aurais fait aucune photo et n'aurait réussi qu'à capturer 8 secondes de ces instants merveilleux avec le camescope. Parfois, c'est la mémoire le meilleur des negatifs !!!

Il s'est tranquillement installé dans un arbre pendant plusieurs minutes comme si nous ne dérangions en rien son programme de la journée et nous a offert le luxe de l'observer en pleine jungle avant de partir plus haut rechercher un endoit pour passer la nuit à l'abri des regards indiscrets. Nos efforts furent récompensés et plusieurs semaines après cet évènement, je m'endors encore en pensant à la chance que j'ai eu de vivre cela.

C'est à Berastagi, au pied du volcan que nous devions grimper que notre guide a disparu avec mes chaussures, ma veste et quelques autres affaires appartenant à Yoann. Nous sommes repartis à Medan pour mettre la main sur lui et l'hôtel qui nous l'avait recommandé. Mauvaise note pour Mougli et l'hotel Zakia !!!

Nos malheurs seront récompensés par un cours d'anglais avec de jeunes collégiens de Berastagi dont une jeune fille à la voix intimidante aura accepté de chanter quelques instants pour nous. Puis un apéro à rallonges avec des vendeurs de choux fleur qui apparemment menaient très bien leurs affaires.

Direction le lac Toba pour 4 jours de relaxation intense, peut-être trop intense, dans une maison Batak dont la mezzanine, où je me suis installé évidemment, ouvrait ses fenêtres sur un bruit de courant d'air qui raffle l'eau à intervalles reguliers qui vous berce pour vous endormir et vous réendormir au cas ou des rêves agités venaient à troubler votre sommeil.
Ces petits endroits de paradis ne coutent pas grand chose à part du temps. J'y reviendrai c'est certain mais dans d'autres circonstances ???



Etant donné que c'est la 3ème fois que nous croisons Gaétan en moins de 15 jours, le voyage continue avec lui en direction de Bukitingi.
Il nous parle de l'île de Siberut et des Mentawai.
Nous rencontrons Mouli et nous voilà tous les 3 en route pour une semaine complète vers cette île dont nous nous souviendrons longtemps. Je voudrais écrire un article uniquement sur ce que nous avons vécu là-bas alors je vais donner un rapide aperçu de cette experience.

Marcher dans la jungle, lutter contre la boue (Siberut signifie: " l'île boueuse " en language Mentawai), apprendre quelques mots qui font rire les gens qui nous accueillent chez eux, fumer beaucoup trop de cigarettes, se baigner dans une rivière splendide, écouter les explications de Mouli sur les traditions Mentawai, saluer les gens qui viennent et repartent dans toutes les directions, observer les tatouages que les Mentawai adorent et dont ils se recouvrent le corps, sentir que nous sommes ailleurs, vouloir y rester plus longtemps que prévu, ramener un souvenir de cet endroit magique où nous avons senti, gouté, touché, parlé, regardé et aimé ... Tout un programme que je souhaite profondement détailler dans un article que j'écrirai très bientôt...


Retour à Bukitingi pour se lancer à l'assaut du volcan Merapi. Première tentative avec Mouli mais le temps grisonnant nous force à faire demi tour alors c'est de nuit que nous irons jusqu'au sommet.

Nous réveillons vers minuit les rangers que nous avions rencontré le matin et nous voilà parti sous une pluie fine pour un sommet qui culmine à presque 2000 mètres. Quelques sangues (Gaetan les adore et elles le lui rendent bien), quelques glissades, quelques points de vue sur un Bukitingi tout en lumière, quelques coups de Blues car le froid, la fatigue et la faim prennent parfois le dessus dans ce genre de marche.

Après quelque heures de tout cela, nous sortons enfin de la forêt, il reste encore un chemin rocailleux pour arriver en haut et déjà les premières lumières viennent remonter notre moral. Quel spectacle que de regarder le soleil se lever au dessus d'une mer de nuages que nous regardons d'en haut et au travers des fumées de souffre qui jaillissent tout autour de nous.
Les ombres des sommets parmi lesquels nous sommes quelques instants déroulent sur des paysages que nous regardons s'éclaircir et comme il n'y a pas de plus belle lumière que la première de la journée, on se sent privilegié de pouvoir une fois encore vivre cette nature de la plus belle manière qui soit. Descente très éprouvante et retour a Bukitingi sur les rotules.


Gaetant nous quitte, il doit repartir en France aider les gens à trouver du boulot. Merci Gaetan d'avoir accepté de ramener tout mon bordel en France, rendez vous au pied de la tour Eiffel en slip Mentawai !!!

Une journée de plus à Bukitingi puis départ pour 2 jours vers le lac Maninjau où il aura beaucoup plu mais chez Lili's, nous aurons eu tout le temps et la tranquilité nécessaire pour ne penser à rien, apprécier la bière et en ce qui me concerne découvrir les finesses du jeu d'échec. " Attention Yoann, je vais te mettre Echec en 3 coups !!! "

On passe notre dernière nuit à Padang et au petit matin, direction Kuala Lumpur puis Bangkok pour Monsieur Letourneur et Jakarta puis Welington pour Victor.

Deux jours à Jakarta, il aura fallu trouver de quoi s'occuper mais ça aura été utile pour écrire, reprogrammer légèrement les prochaine étapes de ce tour du monde, se rappeler à quel point Jakarta n'est pas accueillant et réflechir sur ce qui venait de se passer pendant ces 5 derniers mois.



Arrivé à Bangkok le 20 Mai, reparti de jakarta le 17 octobre, la partie asiatique de ce voyage aura totalement modifiée ce que j'avais pensé comme joué d'avance ...


Dedicaces :


Joe et Celine : les amigos deuch'nor même si la moitié du couple est originaire de la région de la porcelaine. C'est toujours un grand plaisir de les avoir parce qu'on sait que c'est " tranquille la vie, quand est ce qu'on se fait une bouffe ??? " avec ces deux loulous. Un gros bekot à tous les deux et à très vite.

Mitch : He mister Michouille, c'est quand qu'on se fait le troisième étage d'un certain chevalement? J'espère que tu es en train de préparer une rallonge élastique pour les quelques mètres de cordes depuis lesquels on prend tant de plaisir à s'envoyer en l'air. Un gros bisou a toi et Nat mon pote. Vivement la prochaine braderie de Lille que je puisse te faire la bise sans m'en rappeler !!!

Babao : Allo l'ami, merci pour le transport de mes souvenirs Tanzaniens jusqu'à bon port. C'est évidement toujours une grande rigolade que d'être en ta compagnie, genre les choux de Bruxelles chez la mère d'Alex, tu te rappelles ??? Prends soin de toi l'ami et rappelles toi qu'il y a 3 écoles !!!

Gaetan et Yoann : Bien entendu, sans ces deux piverts, le voyage sur Sumatra n'aurait pas été le même. Messieurs, je suis très impatient de servir nos verres et ce ou que ce soit : Paris, Lille, à nouveau sur l'île de Sumatra ou ailleurs dans le monde pourquoi pas ???

Les Crispy Crackers : Le meilleur sponsor de mon voyage en Indonésie. les biscuits du pauvre comme diraient DjeDje et Kiki. On en a mangé tellement, je me rappelle même plus quel gout ça a. En tous cas, ce que je sais, c'est qu'avec la bière indonésienne, ça colle parfaitement.

Tristan Boutry : Alors celui-là, plus imprevisible tu meurs. Moi même j'ai du mal à le suivre, c'est pour vous dire. Quel overdose de bonne humeur et quel plaisir de faire les singes avec lui. Toujours OK pour une chtite binouze et toujours présent même lorsqu'il y a des kilomètres à parcourir. A très vite mon pote et vive l'anniversaire de la reine à Amsterdam. Est-ce que la version 2008 de cette fête incroyable te tente ???