Même si les chaussures de randonnée n'aurnot pas rendu l'âme en terres Néo-Zélandaises, elles ont eu du fil à retordre durant les quelques trecks que j'ai eu la chance de faire dans la région des Fiordlands, sur l'île du sud. Sur 61 jours de voyage à travers ce merveilleux pays, 44 auront été placés sous le signe du sac à dos et croyez moi, si j'avais pu faire plus, ça aurait été sans hésitation.

Arrivé tout droit de Jakarta après avoir annulé le séjour prévu en Australie, je ne voulais entendre parler que de montagne, de neige, de distance de marche et de nourriture lyophilisée. Je n'étais là que pour ça en me demandant par où commencer mais envieux de m'y mettre dès que possible. Le bouquin adequat en poche " Tramping in New Zealand ", il faut décider quel sera le premier parcours. Le problème fût relativement simple puisque j'ai opté pour le treck le plus long : 10 jours de rando pour 123 KM sur l'île Stewart.

48h à Wellington pour me rendre compte que le pays se situe dans l'hmisphère sud certes mais ne connaissait aucunement les soucis du sous développement. C'est quelquechose qui change la vie puisque cela fait 9 mois que j'évolue dans un autre monde, une autre réalité. Je prend le bateau pour me rendre sur l'île du sud et c'est en bus que je rejoins Invercargill, dernière ville avant de reprendre un autre bateau et rejoindre l'île Stewart. Quelques préparatifs et autres accessoires qu'il me fallait acheter et nous voilà bloqués par des vents de 130 KM/h dans le port de Bluff ce qui empêche tout bateau de traverser. Ca commence très fort !!! Enfin sur l'île, je rencontre Rob, Mike et Ai qui envisagent comme moi le circuit nord de 10 jours. On nous annonce des effondrements de terrain qui rendent impraticable la première partie du treck, des vents puissans et des pluies très fortes. On nous recommande la location d'un appareil qui permet d'être localisé par satéllite et pour fnir, on nous dit que depuis la dernière tempête nous serons les premiers à passer et que forcément, il y aura de nombreux arbres abbatus sur notre chemin. Un contexte pas vraiment rassurant mais nous sommes 4 et chacun a déjà fait beaucoup de marche.

Durant ces 10 jours de rando nous avons eu toutes les intempéries possibles mais je crois que le plus dure aura été la boue. Parfois jusqu'aux genoux et il vous faut continuer jusqu'au prochain refuge, plein les mains puisque vous vous appuyez au sol pour ne pas chuter, tout du moins pas totalement. Les bâtons seront devenus mes meilleurs amis et l'idée d'acheter des guêtres pour le prochain treck un rêve enchanté. Le plus souvent recouvert par la végétation qu'il nous faut traverser, nous avons rarement des points de vue sur la côte que nous suivons pourtant sur plus de 80 KM. Et oui, ce parcours se fait essentiellement à l'intérieur, à l'intérieur de la fôret, à l'intérieur de vore tête, à l'intérieur de votre sac de couchage... Les moments forts sont lorsque nous longeons les plages, dans les dunes ou sur les rochers, lorsque nous atteignons le sommet de l'île et que nous pouvons voir les sommets enneigés des Fiordlands, lorsque les uns après les autres nous avons la chance de voir chacun le fameux Kiwi, l'oiseau symbolique du pays et espèce andémique à la Nouvelle Zéalnde, lorsque nous cherchons les pingouins dans les grottes qui hornent une côte rocailleuse et glacée, lorsqu'il ne faut pas perdre son sang froid le 6ème jour à cause de la boue qui n'en finit plus et qui vous aspire sous le poids de votre sac devenu alors un ennemi indispensable.

Nous ferons également la connaissance des " Sun Fly ", des moucherons voraces qui resistent à tous les répulsifs et qui vos pincent jusqu'au sang. Il n'y a rien à faire à part prendre son mal en patience et se couvrir intégralement sinon elles vous rendront fou. Je revois Mike et ses jurons anglais " Bloody Hell " ou " Fucking Bastards " mais en souriant et d'une façon qui nous faisait rire nous aussi. J'ai eu l'occasion durant ces quelques jours de rencontrer des sacrés personnages, des gens que j'espère revoir et avec qui je garderai le contact aussi longtemps que possible. Ai qui emporte des oeufs frais en plein treck, Rob qui doit aller chercher des moules et manger des algues parce qu'il n'a pas prévu assez de nourriture, Mike alias " Mister Woodman " qui tous les jours se charge d'aller chercher du bois pour un bon feu qui servira à sécher les mêmes vêtements qui seront trempés chaque jour.

Il n'y a plus les insectes en tous genres qui me fascinaient en Asie, c'est au tour des grands espaces où personne ne vit et où le nature tout entière vous accueille de façon plus ou moins hostile. L'île Stewart n'aura pas été le meilleur parcours de ma vie mais pour une mise en jambe, c'était l'endroit idéal. Nous terminons avec un tchécoslovaque fort sympathique qui travaillait dans les vignes en Nouvelle Zélande et qui produisait lui même de la bière arômatisée à la canelle et aux clous de girofle. Avec Mike et Rob, nous décidons déjà que le Kepler Track sera le prochain itinéraire. Seulement 4 jours mais peut être le plus beau parcours que nous ayons fait ensemble. Il fallait remonter jusque la ville de Te Anau et son lac magnifique pour démarrer la marche. Cette fois ci, nous prenons du vin, quelques épices et une orange pour faire un bon vin chaud avant de manger.

Nous ne marchons que 2h le premier jour pour rejoindre un camping bien situé et le lendemain, il faudra monter jusque la Kepler Hut en laissant défiler derrière nous un mélange de pointes enneigées, de montagnes recouvertes de grands arbres forts et d'eaux noires immobiles. Je remarche dans la neige pour la premire fois depuis la Tanzanie et le Kilimanjaro. Quel bruit magnifique et quel soleil dont il faut se méfier puisqu'il frappe la neige et vient vous transpercer les yeux. Nous nous arrêtons avec Rob avant le refuge et nous nous préparons un thé accompagné de morceaux de chocolat. C'est en pleine montagne que l'on décide de prendre notre temps parce qu'il faudra essayer de ne jamais oublier ce moment délirant de sagesse, bruyant de silence. Installés et nourris, nous décidons de faire une première fois pour y voir le coucher de soleil et c'est reparti pour 2h de marche avec beaucoup moins de poids cette fois. Le vent se lève et nous observons les lumières s'affaisser sur l'horizon. Chacun s'applique à faire preuve d'un talent de photographe réservé à Mike sur ce coup là puisqu'il à déjà fait plusieurs stages photo et connaît parfaitement son appareil. Nous redescendons rapidement car il faudra démarrer tôt demain.

Certainement parmi les plus belles journées de marche de tout le séjour, je n'oublierai pas non plus cette courbe blanche de neige sur laquelle j'ai patiemment observé Mike et Rob dérouler d'une allure légère. L'image sera forcément splendide, les souvenirs les sont. Nous prenons notre temps, nous faisons une sieste au milieu de ces montagnes qui semblent vous proposer toutes les directions. L'envie de ne pas suivre le chemin tracé et de tracer celui de nos rêves car nous avons les tentes et de quoi manger plusieurs jours. Pourquoi ne pas aller n'importe où et puis on verra bien !!! Nous prenons le chemin prévu et redescendons une vallée entière en moins de 2h pour rejoindre un nouveau terrain de camping innondés de Sun Fly. Grand feu, Grand repas, Grand repos après de grandes et magiques aventures. Nous suivons pour l'avant dernier jour une rivière sur laquelle beaucoup d'oiseaux apparaissent, se font entendre, vous observent passer devant chez eux. Nous terminons au bord d'un lac dans une petite hutte charmante à laquelle je repense souvent et c'est l'échiquier en papier que nous utilisions avec Rob qui me revient à la mémoire et je me rappelle soudain que tout était si facile : marcher, regarder, jouer, manger, réver, se réveiller ...

Retour à Te Anau et nous rencontrons Miri, une espagnole plus agée que nous, parapentiste et garde forestier sur les îles Canaries dont elle est originaire, la terre des " Aplatanados " comme elle aime à le dire. Elle ne sait pas quelle marche elle s'apprête à suivre et nous avons déjà prévu un programme assez original. Ni une ni deux, elle nous suit dans notre plan sans poser de questions, nous démarrons le lendeman. Nous voilà partis our le " Cascade Saddle " que l'on combine avec le " Rees Dart " pour rallonger les temps de marches mais les neiges tombent encore et il nous est impossible de tenter l'asscension que nous avions imaginé. Il faudra démarrer d'ailleurs et on refait le planning, on ne finit pas tous au même endroit le premier jour. Mike se retrove seul dans un refuge plus avancé que celui jusque lequel nous sommes pavenus alors sans être sûre de notre coup, nous décidons avec Rob et Miri de se lever très tôt le lendemain et de le ratrraper. Après 4 bonnes heures de marche et une cadence d'enfer, je retrouve Mike vers 10h30 entrain de ranger le bois, fidèle à ses habitudes, il avait eu la même idée que nous et attendait notre arrivée. Ce sera une longue journée pour nous mais nous passerons dans la neige le " Rees Saddle " à une altitude de mètres vers 15h avant de redescendre vers une vallée qui vous invite à avancer vers les glaciers. Au refuge, on nous dit qu'il y avait trop de neige pour arriver de l'autre côté : aucune déception à avoir.

Le lendemain, nous remontons face au glacier qui a des allures de " Torres del Paine " célèbre site chilien connus des ferrus de randonnée. Toutes ces lignes taillées dans la glace qui prend des formes de lamelles appuyées les unes contre les autres. Au sommet, c'est l'autre côté qui nous fait rêver, encore cette envie de partir n'importe où. Nous avons la visite de plusieurs Kia, cet oiseau ressemblant étrangement à un perroquet et animé par une forte curiosité, il s'approchera de vous sans hésiter. Les images sont à l'appui !!! Sur le retour, nous discutons beaucoup avec Rob, il veut rentrer en Europe depuis la Chine par le train qui circule entre Pekin et Moscou. Nous sommes deux sur une étendue immense et encore une fois : Comment sommes nous arrivés jusque là ?

On reprend la marche le lendemain en suivant des plaines magnifiques, nous avons essayé de nous baigner dans la rivière mais la tentative n'aura pas durer bien longtemps. Ce même soir, je réussi à perdre aux echecs contre un hollandais à qui j'avais tout de même réussi à prendre la reine. Dernier jous rapide, nous récuperons le van de Rob et avançons jusque le prochain point de départ de rando car nous entamerons un nouveau circuit le lendemain : " le Routeburn ". Gâté par le soleil le premier jour pour monter jusque le dernier refuge avant le sommet, nous aurons moins de chance les 2 jours suivants pour cette rando qui doit être magnifique mais que malheureusement nous n'avons pas eu la chance d'apprécier à sa juste valeur puisque prit dans les brumes épaisses des Fiordlands. C'est le frère de Mike alias Kip qui nous récupère à la fin de cette rando et encore une fois, je tombe sur un sérieux client qui me parle du " Dusky Track ", le circuit le plus corriace de tout le pays, vous trouverez dans certains ouvrages des photos de randonneurs qui se sont vus obligés de traverser tout habillé des rivières en essayant de nager, leur sac à dos à bout de bras et les chaussures qui se remplissent d'une eau glacée qui ne prendra que quelques secondes pour s'infilter partout et au final, l'une des sensations les plus désagréabes qui soit. Nous partons avec 3 jours de nourriture supplémentaire chacun en cas d'intempérie, il y aura de toutes façons des parties que nous ne saurons passer si les pluies ne jouent pas en notre faveur.

Premier jour, on se fait déposer en bâteau avec une forte sensation de : "C'est le dernier moment pour faire demi tour ". Cette fois ci, on loue vraiment un ARVA qui nous permettra d'émettre un signal par satéllite si nous sommes totalement bloqués. C'est la neige qui s'invite à la fin du premier jour de marche, je me souviendrai longtemps de la tête de Kip s'exclamant : " What the F... , it's snowing. Nobody can tell us what will happen during the next 6 days ".

Ca a été dure, sous un ciel grisonnant, sur des ponts de singe pas très rassurants, avec beaucoup de poids, parfois l'impression de s'être perdu, un goût de défi à la fois mental et physique dans la bouche, heureux d'imaginer sur une mapemonde l'endroit où nous sommes entrain de nous ballader sans aucune préoccupation ... Cette dernière rando qui portera mon compteur à 387 KM de marche sur les sols Néo Zélandais. Le dusky Track aura lui aussi fait parti de la liste, pour courronner le tout et repartir sur 8 jours de sueur et autres poignée de raisins secs. Une nouvelle chute aurait du me coûter très cher mais je n'ai rien eu après avoir pourtant glissé sur une bonne vingtaine de mètres enneigés entre deux couloirs de rochers. On retourne sur Te Anau pour célebrer ça et se dire au revoir autour d'une bonne Tortilla dont Miri a le seret. Je me remet en route pour Wanaka avec le projet de sauter une deuxième fois en parachute avant de quitter ce pays où les sensations extrêmes sont monnaie courante. C'est après cette expérience vertigineuse que je rejoins Craig et Idoya sur Christchurch pour 2 jours de barbecue, bains dans les eaux termales, concert et ciné ...

Le temps sera passé rapidement en Nouvelle Zélande car 2 mois de marche ne m'auront permi au final de ne découvrir que quelques pourcents du pays mais comme je l'ai dit : " J'ai eu ce que je voulais et je reviendrai, pourquoi pas avec Romain pour notre premier voyage ensemble !!!

Je n'ai pas vraiment eu l'occasion de me pencher sur la culture Maori et sur l'histoire de la Nouvelle Zélande mais je trouverai le temps. J'ai juste trouvé celui de me rendre compte que ce pays est en définitive une grande et très éloignée cour de récréation. Il y en a pour tout le monde, toutes les envies, tous les ages, toutes les humeurs ...

Just so Wicked