" Hello Mister " du nord du Myanmar jusque l'Est de l'Indonésie ...
Par Mel, samedi 12 janvier 2008 { Thème Confessions } | 1 commentaire
Voici les deux mots qui signifient que vous avez mis le pied en Asie du Sud Est. Je m'étais habitué au "Hey BOSS " africain mais il faut faire varier les plaisirs alors aussi bien les enfants, les femmes que quelques personnes âgées ne pourront résister à cette prise de contact immédiate. A préciser que lorsque l'on dépasse les 50 fois par jour, ce devient heu comment dirais-je : Répétitif!!!
C'est depuis la rue Jalan Jaksa en plein milieu de Jakara que se termine mon séjour dans cette région du monde où on passe aussi vite du Boudisme au culte Musulman, du peuple Batak aux Shamans de Siberut et de moins 40 mètres dans les eaux des îles Togean à plus 4 096 mètres dans les airs du Kinabalu.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que la diversité offerte dans les quelques pays d'Asie que j'aurais eu la chance de visiter m'aura donné envie de revenir.
L'Indonésie est si grande, le Myanmar tellement isolé et la Thaïlande incessamment traversée par un tourisme massif qu'il peut être difficile de faire son choix entre la liste des incontournables et les itinéraires les plus périlleux.
Comment oublier la tente sur une plage comme protégée au beau milieu des Iles Perenthian, la cabane en bois de Nong Kiaw sur les bords de la rivière Nam, l'ascension nocturne sous les pluies fines du volcan Merapi de Sumatra et les ballades dans les rizières du Tonan Toraja en plein Sulawesi? Il existe dans ces régions un paradoxe entre une profonde difficulté aux arts de la communication et une immense disponibilité de tout ce dont vous avez besoin. C'est le continent de l'hémisphère Sud où l'on rencontre les meilleures conditions de voyage pour des prix défiants toute concurrence et où les traditions culinaires sont les plus délicieuses. On n’envisage peut être pas d'aller s'y installer pour plusieurs années mais on rallongerait volontiers son séjour de quelques mois.
En bas à droite d'une Asie à l’allure fragmentée, on voyage facilement et vous n'aurez aucun mal à passer en dessous puis au dessus de l'équateur de la façon qu'il vous plaira. Certaines traversées resteront les pires souvenirs de vos besoins de découverte car les 10 ou 15 heures de minibus sur des routes que nous croirions infranchissables se feront un malin plaisir de chatouiller votre interprétation personnelle du concept de patience mais si c'est le seul moyen et que les locaux utilisent durant une vie entière, vous pouvez bien vous y essayer au moins quelques centaines de kilomètres.
Je ne saurai décrire si je suis plus sensible aux visages et aux attitudes des plus jeunes ou des plus âgés.
Est-il nécessaire de comparer les yeux inquiets de cette jeune fille qui aura accepté de chanter quelques minutes sous l'œil de ma camera dans la ville de Berastagi, avec le regard expérimenté de cette vieille dame qui en plein village Mentawai m'aura invité à aspirer l'intérieur d'un crabe à peine sorti de l'eau ?
Il me semble que ces moments appartiennent à la même catégorie : inattendus, entiers, explosifs, tactiles et d'une spiritualité trop rare pour ne pas s'y plonger. Est-ce qu'on se prend alors pour l'aventurier des aventuriers ou le preneur d'image le plus créatif, je ne sais pas mais ce dont je suis convaincu, c'est que l'on s'imprègne facilement et profondément de ces quelques secondes de Bonheur. Nous voudrions que ces secondes se transforment en minutes puis en heures. La clé de ces instants magiques réside peut être dans le fait de savoir prendre et apprécier suffisamment son temps.
Au moment où j'écris cette conclusion sur la seconde partie de mon voyage, ceux sont les prières de la fin du Ramaddan qui assomment les buildings de Jakarta et je ne pouvais rêver meilleur contexte pour m'avancer doucement vers la Nouvelle Zélande. Projeté au centre d'une religion mal perçue et que chaque jour de nouvelles populations accusent, je me dis que le respect de l'autre ressemble fort à une solution qui ne pousserait plus personne vers les extrêmes, qui ne font que multiplier les blessés, les opprimés et les morts.
Loin d'être un grand spécialiste des questions parfois religieuses, parfois politiques mais souvent économiques (puisque la guerre rapporte tellement de pognon), je pense sincèrement qu'en voyageant dans ces mondes si différents, on est amené à se poser plus de questions et donc, a réfléchir un peu plus près des destinations où la misère et la pauvreté frappent le plus souvent et avec une rage dont nous ferions bien de nous inquiéter un peu plus.
" 6 Milliards de Piverts " repartira d'Asie pour l'année 2007 avec un certain apprentissage de la difficulté à trouver, comme en Afrique, des projets mènés par des locaux, des projets que nous nous voulons capables de soutenir plusieurs années afin que des résultats significatifs soient obtenus.
En parlant de résultats, je m'accuserai volontiers d'un léger manque de performance pour ces 5 derniers mois. En effet, à ce jour, il n'y aura eu que deux actions engagées par nos soins et notre idée doit encore faire ses preuves. Néanmoins, j'ai plusieurs contacts dans la poche qui peuvent se révéler très prometteurs. L'un d'entre eux est un projet qui touchent les enfants fuyant la Birmanie et qui se retrouvent en Thaïlande sans aucune identité. Ma motivation n'a pas chuté et même si du coté de la Nouvelle Zélande, l'association connaitra naturellement un passage à vide, je suis très confiant au regard de ce que nous pourrons entreprendre en Amérique Latine.
Une fois encore, appel à tous ceux qui entendent leurs amis, leurs collègues, leurs frères et sœurs parler un peu fort de leurs envies de voyage. Nous avons besoin de nouveaux piverts pour étendre la liste des projets que nous soutiendrons par tous les moyens que nous serons capables de rassembler. Commencer petit pour grandir plus sérieusement, voila une idée " qui va bien " comme dirait mes chers compatriotes de Gre !!!
Vous êtes nombreux a m'envoyer des messages, me tenir au courant de vos bonnes nouvelles (pas moins de 9 naissances depuis que j'ai quitté la France) et me faire parvenir des photos de ce qui se passe chez vous. Sachez que sur la longueur, c'est très important pour moi de ne pas perdre le contact avec ce qui me ramènera toujours chez moi : Vous : amis, famille et autres patrons de bistro.
Merci et que chacun d'entre vous puisse trouver les moyens de réaliser les rêves qui nous ont tous amenés à nous endormir avec un goût de " Demain, je me lance ...". Comme dirait un professeur argentin dont j'ai eu la chance de suivre les classes a l'Université de Valparaiso : Adelante !!!
Il est environ 5 heures du matin et les moustiques s'acharnent ...
C'est depuis la rue Jalan Jaksa en plein milieu de Jakara que se termine mon séjour dans cette région du monde où on passe aussi vite du Boudisme au culte Musulman, du peuple Batak aux Shamans de Siberut et de moins 40 mètres dans les eaux des îles Togean à plus 4 096 mètres dans les airs du Kinabalu.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que la diversité offerte dans les quelques pays d'Asie que j'aurais eu la chance de visiter m'aura donné envie de revenir.
L'Indonésie est si grande, le Myanmar tellement isolé et la Thaïlande incessamment traversée par un tourisme massif qu'il peut être difficile de faire son choix entre la liste des incontournables et les itinéraires les plus périlleux.
Comment oublier la tente sur une plage comme protégée au beau milieu des Iles Perenthian, la cabane en bois de Nong Kiaw sur les bords de la rivière Nam, l'ascension nocturne sous les pluies fines du volcan Merapi de Sumatra et les ballades dans les rizières du Tonan Toraja en plein Sulawesi? Il existe dans ces régions un paradoxe entre une profonde difficulté aux arts de la communication et une immense disponibilité de tout ce dont vous avez besoin. C'est le continent de l'hémisphère Sud où l'on rencontre les meilleures conditions de voyage pour des prix défiants toute concurrence et où les traditions culinaires sont les plus délicieuses. On n’envisage peut être pas d'aller s'y installer pour plusieurs années mais on rallongerait volontiers son séjour de quelques mois.
En bas à droite d'une Asie à l’allure fragmentée, on voyage facilement et vous n'aurez aucun mal à passer en dessous puis au dessus de l'équateur de la façon qu'il vous plaira. Certaines traversées resteront les pires souvenirs de vos besoins de découverte car les 10 ou 15 heures de minibus sur des routes que nous croirions infranchissables se feront un malin plaisir de chatouiller votre interprétation personnelle du concept de patience mais si c'est le seul moyen et que les locaux utilisent durant une vie entière, vous pouvez bien vous y essayer au moins quelques centaines de kilomètres.
Je ne saurai décrire si je suis plus sensible aux visages et aux attitudes des plus jeunes ou des plus âgés.
Est-il nécessaire de comparer les yeux inquiets de cette jeune fille qui aura accepté de chanter quelques minutes sous l'œil de ma camera dans la ville de Berastagi, avec le regard expérimenté de cette vieille dame qui en plein village Mentawai m'aura invité à aspirer l'intérieur d'un crabe à peine sorti de l'eau ?
Il me semble que ces moments appartiennent à la même catégorie : inattendus, entiers, explosifs, tactiles et d'une spiritualité trop rare pour ne pas s'y plonger. Est-ce qu'on se prend alors pour l'aventurier des aventuriers ou le preneur d'image le plus créatif, je ne sais pas mais ce dont je suis convaincu, c'est que l'on s'imprègne facilement et profondément de ces quelques secondes de Bonheur. Nous voudrions que ces secondes se transforment en minutes puis en heures. La clé de ces instants magiques réside peut être dans le fait de savoir prendre et apprécier suffisamment son temps.
Au moment où j'écris cette conclusion sur la seconde partie de mon voyage, ceux sont les prières de la fin du Ramaddan qui assomment les buildings de Jakarta et je ne pouvais rêver meilleur contexte pour m'avancer doucement vers la Nouvelle Zélande. Projeté au centre d'une religion mal perçue et que chaque jour de nouvelles populations accusent, je me dis que le respect de l'autre ressemble fort à une solution qui ne pousserait plus personne vers les extrêmes, qui ne font que multiplier les blessés, les opprimés et les morts.
Loin d'être un grand spécialiste des questions parfois religieuses, parfois politiques mais souvent économiques (puisque la guerre rapporte tellement de pognon), je pense sincèrement qu'en voyageant dans ces mondes si différents, on est amené à se poser plus de questions et donc, a réfléchir un peu plus près des destinations où la misère et la pauvreté frappent le plus souvent et avec une rage dont nous ferions bien de nous inquiéter un peu plus.
" 6 Milliards de Piverts " repartira d'Asie pour l'année 2007 avec un certain apprentissage de la difficulté à trouver, comme en Afrique, des projets mènés par des locaux, des projets que nous nous voulons capables de soutenir plusieurs années afin que des résultats significatifs soient obtenus.
En parlant de résultats, je m'accuserai volontiers d'un léger manque de performance pour ces 5 derniers mois. En effet, à ce jour, il n'y aura eu que deux actions engagées par nos soins et notre idée doit encore faire ses preuves. Néanmoins, j'ai plusieurs contacts dans la poche qui peuvent se révéler très prometteurs. L'un d'entre eux est un projet qui touchent les enfants fuyant la Birmanie et qui se retrouvent en Thaïlande sans aucune identité. Ma motivation n'a pas chuté et même si du coté de la Nouvelle Zélande, l'association connaitra naturellement un passage à vide, je suis très confiant au regard de ce que nous pourrons entreprendre en Amérique Latine.
Une fois encore, appel à tous ceux qui entendent leurs amis, leurs collègues, leurs frères et sœurs parler un peu fort de leurs envies de voyage. Nous avons besoin de nouveaux piverts pour étendre la liste des projets que nous soutiendrons par tous les moyens que nous serons capables de rassembler. Commencer petit pour grandir plus sérieusement, voila une idée " qui va bien " comme dirait mes chers compatriotes de Gre !!!
Vous êtes nombreux a m'envoyer des messages, me tenir au courant de vos bonnes nouvelles (pas moins de 9 naissances depuis que j'ai quitté la France) et me faire parvenir des photos de ce qui se passe chez vous. Sachez que sur la longueur, c'est très important pour moi de ne pas perdre le contact avec ce qui me ramènera toujours chez moi : Vous : amis, famille et autres patrons de bistro.
Merci et que chacun d'entre vous puisse trouver les moyens de réaliser les rêves qui nous ont tous amenés à nous endormir avec un goût de " Demain, je me lance ...". Comme dirait un professeur argentin dont j'ai eu la chance de suivre les classes a l'Université de Valparaiso : Adelante !!!
Il est environ 5 heures du matin et les moustiques s'acharnent ...




