Action 6 : Les hôpitaux Kantha Bopha au Cambodge


Nous étions à Siem Reap aux portes des temples d'Angkor et nous souhaitions après trois jours passés sur ces sites extraordinaires assister à un spectacle d'enfant qui été annoncé dans un des hôpitaux de la ville. Nous sommes arrives un peu en retard et avons vite compris que le programme avait été modifié. Il y avait sur scène une projection vidéo et un monsieur qui n'était pas d'origine cambodgienne, en chemise et qui parlait anglais avec un accent germanique. Les images montraient des enfants malades, les couloirs des hôpitaux où beaucoup de gens circulaient et nous avons découvert à l'écran ce même monsieur en blouse blanche qui conduisait le caméraman tout comme dans un documentaire.

Le docteur Beat Richner est pédiatre, violoncelliste, d'origine suisse, déjà présent au Cambodge dans les années 70 et aujourd’hui fondateur et directeur des 3 hôpitaux de Kantha Bopah. Après le massacre qui a frappé 4 années durant tout le pays et que nous connaissons mieux comme " la prise du pouvoir par les Khmers Rouges", le gouvernement ainsi que le roi Norodok Sihanouk ont demandé en 1992 au docteur Richner de réouvrir le petit hôpital pédiatrique en vue de continuer à apporter des soins aux centaines de milliers d'enfants malades.

1996 : ouverture de Kantha Bopha 2 à Phnon Penh
1999 : ouverture de Jayavarman 7 à Siem Reap
2001 : ouverture de la maternité pour combattre la transmission du HIV de la maman au nouveau né
2004 : démarrage de la construction d'un nouvel hôpital à Phnom Penh

Toute l'exposition du Docteur Richner vous prend à la gorge car elle est également un rappel des faits historiques qui ont amenés à la situation tragique que connaît aujourd'hui ce petit pays d'Asie du Sud Est. Les bombardements américains de 73 et 74 afin de couper la retraite aux soldats vietnamiens qui fuyaient au Cambodge, la guerre civile qui a trouvé son foyer dans la détresse générale causée par ces bombardements et qui a ensuite engendré un soulèvement national et la chute du roi, la prise du pouvoir par les Khmers Rouges qui jusqu'en 1979 ont littéralement éliminé toute forme d'ouverture vers l'étranger, supprime l'intégralité du système éducatif, lutte contre les intellectuels et mène la guerre à ceux qu'on appelait à cette époque " le nouveau peuple ". Des centaines de milliers de morts ...

Puis c'est un constat sanitaire qui est dressé, l'accent est alors porté sur le fait que des rapports rendus par des organisations internationales normalement spécialistes des questions médicales n'ont eu aucun mal a donner pour conclusion que le système médical cambodgien devait rester en adéquation avec la situation économique du pays. Pour faire simple, étant donné que le pays accuse un retard en terme de développement économique, il ne faut pas que les médecines et les équipements utilisés soient trop élaborés.

Toute la philosophie du projet du docteur Richner repose sur le fait que même dans un pays pauvre, il est capital d'apporter les meilleurs traitements et la technologie suffisante à une médecine de qualité. Tout cela est d'autant plus logique que si l'on raisonne sur les responsabilités qu'ont plusieurs pays du Nord dans des conflits tel que celui qui a ruiné, assomme et détruit le Cambodge.

Les hôpitaux Kantha Bopha, c'est aujourd’hui et chaque année un peu plus : 60 000 consultations d'enfants malades, 55 000 admissions d'enfants gravement malades, 9 000 opérations chirurgicales, 100 000 vaccinations, 5 500 naissances ... Si ces hôpitaux n'existaient pas, ce serait 2 800 enfants qui mouraient chaque mois faute de tous ces soins entièrement gratuits. 95 % des familles au Cambodge ne peuvent pas payer pour les soins médicaux de leurs enfants ce qui fait de la fondation Kantha Bopha leur unique recours.

Le coût opérationnel est de 17 millions de dollars US annuel pour l'ensemble de la structure qui assure également la formation de 100 étudiants en médecine et infirmières mais aussi des jeunes chirurgiens et anesthésistes. 95 % de cette somme trouve sa source dans le financement privé. En terme de redistribution, 50 % sont liés aux achats de médicaments, 30 % pour les salaires de 1 500 cambodgiens qui travaillent dans les hôpitaux, 15 % pour les achats d'Oxygène, d'électricité et d'eau puis enfin et seulement 5 % pour la gestion administrative de toute la structure.

Parce que toutes les donations sauvent les vies de ces enfants tous les jours, nous avons décidé de soutenir la fondation Kantha Bopha et espérons sincèrement pouvoir les suivre longtemps. Vous pouvez vous rendre sur le site Web www.beatocello.com pour obtenir encore plus d'informations et voir à quelle vitesse les choses avancent pour ce grand projet qui fait face a beaucoup trop d'enfants malades et qui se donne un objectif simple : leur sauver la vie ...
 
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Commentaires
1.   Cambodge  ›  vendredi 28 mars 2008 à 09:44

Très beau récit.

Pour ceux qui veulent suivre l'actualité du Cambodge, un site à conseiller : www.netvibes.com/cambodia

 
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