Je me suis retrouvé au Malawi puisque la partie Est de la Zambie et donc le parc national où je souhaitais me rendre était devenue inaccessible à cause des pluies qui se sont écroulées il y a maintenant un mois. L'idée de faire demi tour vers Lusaka ne m'enchantait pas vraiment, alors c'est sur un coup de tête que je suis rentré au Malawi après avoir lu ce que je pouvais sur ce pays dont je ne connaissais rien et vous allez bientot pouvoir le lire, je compte bien revenir car c'est un petit pays parfait pour quelques semaines de vacances ...
Le Malawi compte aujourd'hui un peu plus de 12 millions d'habitants, la capitale est Lilongwe. C'est une ancienne colonie britannique, qui avant la déclaration de l'indépendance en 1964, portait le nom de Nyasaland. Le Malawi est un petit pays situé entre la Tanzanie, la Zambie et le Mozambique. Le lac Malawi couvre presque 1/5 du territoire et la langue nationale est le Chewa ou le Chichjewa. 60 % des exportations sont liées à la production de tabac et 20 % pour le sucre et le thé. L'économie du Malawi dépend essentiellement de l'agriculture et le tourisme commence très doucement à offrir quelques belles perspectives. C'est un des 10 pays les plus pauvres au monde, le revenu annuel par habitant était de 170 Dollars US en 2004, la mortalité infantile de 9 % et le Malawi affichait a l'époque son nom à la seconde place au niveau mondial en disparité entre les riches et les pauvres.

Toutes nos félicitations à l'ambassadeur francais au Malawi qui a annoncé le mois dernier l'annulation de la dette du Malawi, environ 275 millions de dollars, soit 8 % de la dette totale du pays. De toutes façons, on avait pas autant besoin qu'eux de cet argent alors BRAVO Mr L'ambassadeur !!!
Ma première destination fut le massif de Mulanje, un des endroits les plus fameux pour la rando dans la partie sud du continent africain. Ce sont environ 25 sommets qui s'élevent à plus de 2 500 mètres d'altitude qui font la loi sur ce massif et le climat y change très vite et ce, à n'importe quelle époque de l'année, alors c'est avec Anthony, mon guide, que nous sommes partis 4 jours en sachant parfaitement que la pluie ferait partie de l'aventure.

Totalement différent du Kilimanjaro, pas forcément plus facile, juste moins haut et moins éprouvant physiquement parlant mais d'une beauté toute aussi charmante et un contexte très particulier. Le Mulanje est en fait une continuité de montées et de descentes (souvenirs des Carpates avec Jerem et Rico) alors il est très facile de passer d'une arète rocailleuse dominant une vallée sur laquelle le soleil transperce les nuages et projette des lumières dont l'intensité change de minute en minute, à des chemins situés en plein " bush " à travers lesquels il faut savoir se frayer un passage et ne pas avoir peur de cette végétation qui en pleine saison des pluies, se montre particulièrement fleurissante. Nous avions évoqué une sorte de miel dégoulinant le long des branches sur le Kilimanjaro mais je parlerais ici d'une végétation qui vous grimpe le long des jambes pour venir se refermer quelques mètres au dessus de votre tête. Très peu de vue sur le ciel, parfois moins de 40 cm de large alors vos bras bousculent, froissent et écartent ces longues herbes pour vous permettre d'avancer. Une vraie sensation de jungle pas toujours très agréable car horriblement glissante et je n'ai pu éviter certaines chutes dont je n'avais pas forcément besoin.
Premier jour : (800 m - 2000 m) Une montée éprouvante car la température est encore élevée et il vous faut abattre 1200 mètres de denivelé positif pour enfin percer la forêt et atteindre le plateu principal du massif. Cette fois ci, pas de porteur alors il faut se remettre en condition et vite. Ce ne sont jamais des marches terribles sur le Mulanje mais on peut aisement se retrouver sérieusement perturbé par les variations climatiques. On finit sous la pluie et comme je ne suis pas très malin, je termine les chaussettes floc flocant au fond de mes chaussures parce que je n'ai pas pensé que marcher en short sous une pluie relativement tonique, et bien au bout d'un moment, il faut bien que l'eau qui vous coule le long des jambes finisse quelques part alors chaussures parfaitement imperméables mais le cerveau, lui est un peu défaillant !

Deuxième jour : (2000 m - 1400 m - 2100 m) Soleil flamboyant, on démarre très tôt après un bon pti dej, de superbes paysages s'offrent à nous, une flore très variée, des insectes aux formes et aux couleurs des plus surprenantes, une marche facile mais couverte par les nuages sur la derniere heure, pas de pluie et les chaussures continuent de sécher...

Troisième jour : (2100 m - 2500 m 1900 m) En pleine nuit, des pluie inquiétantes se sont ecrasées sur nous jusqu'au petit matin. Heureusement que nous sommes dans des huttes et non pas dans des tentes.
Au lever, c'est un soleil éclatant qui nous invite à comtempler le pic Sapitwa, plus haut sommet du massif, 3001 mètres et objectif premier de cette rando. Il est 6h30 du matin et il me semble que les conditions méteo sont parfaites pour entamer au plus vite l'ascension mais Anthony commence déjà à me sensibiliser sur le fait que les pluies tombées durant la nuit rendent l'accès très difficile mais comme on voit la pointe, qu'il fait grand bleu et que ce ne sont que 3 heures de grimpette sans les sacs, je ne peux concevoir une seule seconde l'idée de ne pas y aller. Mais il faudra finalement renoncer car les roches trop glissantes mais également les nuages qui grimpent le long des montagnes pour totalement les recouvrir en milieu de matinée empèchent à cette période de l'année une ascension en totale sécurité. Il faut tourner le dos à ce sommet, sentiment de ne pas avoir atteint l'objectif difficile a encaisser même pour un novice de la rando comme moi mais on ne joue pas avec la montagne. Des touristes se sont déjà perdus, impossible de retrouver son chemin dans les rochers avec ce brouillard et chute dans des crevasses profondes de 15 parfois 20 mètres alors ce sera pour une prochaine fois.
De beaux paysages toute la journée jusque la hutte suivante, on finit encore sous la pluie mais mieux protégé cette fois. Un peu de marche dans le bush, une chute dans un belle flaque de boue et un bon feu avant de dormir. J'apprends également à jouer au BAO, jeu local mais que l'on peut trouver partout en Afrique avec des règles différentes.

Quatrième jour : (1900m - 800 m) C'est la descente vers un autre versant qui est programmé pour ce dernier jour. C'est en fait une ballade mais une ballade très fatiguante car descendre, ca vous flingue les jambes et il faut s'arrêter régulierement pour reposer les genoux. Bref, on reprend le contact avec une température écrasante et on s'éloigne petit à petit du massif sur lequel on a une vue superbe, je crois même que les meilleures photos auront été prises ce dernier jour. Je remercie Anthony et je me dirige après un bon jour et demi de sommeil vers le plateau de Zomba pour un autre petit treck.
Zomba c'était vraiment bien mais très chaud, et trop court. On peut parcourir le plateau en deux jours, les distances sont courtes et très bien indiquées alors je me suis retrouvé avec un guide dont je n'avais en fait pas besoin mais dans tous les cas, ca lui permet de faire un petit extra durant le week end et j'ai un peu de compagnie durant les marches. On a quand même eu de superbes points de vue sur la Rivière Shire et les montagnes se situant à la frontiere avec le Mozambique. 2 Jours et demi de bonheur mais cette chaleur, c'est pas pour moi, je veux que le froid vous donne la sensation qu'il faut continuer de marcher pour pas se refroidir. C'est pas forcément desagréable quand vous êtes bien couvert et puis on évite les insolations.
Etape suivante, le parc national de Liwonde. Premiers contacts avec une Afrique que je ne connaissais pas encore. Ce continent hurle dans ses transports en commun, dans ses magasins, dans ses bars mais c'est un silence de haut vol qui règne lorsque vous avez la possibilité de vous rendre dans ces parcs pour observer les animaux et encore une fois, des paysages hors du commun. Le silence est maintenant un art que j'aime pratiquer, essentiellement quand un soleil se couche et donne cette couleur orange brulant le ciel qui passe du bleu au gris puis au noir, le tout en arriere plan de la forme de plusieurs palmiers qui ne gâchent en rien une vue imprenable sur ces plaines infinies qui abritent une vie sauvage, qui vous accepte pour quelques instants magiques dans leur univers. Meme si c'est pas la parade des éléphants genre le livre de la jungle, vous êtes déjà parmi les plus chanceux de pouvoir vivre cela alors silence et respect. Nous avons quand même vu des éléphants mais de loin, plusieurs variétés d'antilopes (impalas, Kudus, Waterbocks), certains reptiles dont je n'ai pas retenu le nom, des facocheres alias Pumba en Swahili, beaucoup d'oiseaux et le bruit des hippos durant la nuit puisqu'ils sortent de l'eau pour se nourrir des herbes sèches dont ils raffolent. Le camp de Chinguni est un petit paradis en soi, vraiment super, j'y ai passé 5 jours de repos intégrale et j'ai eu l'impression que ça faisait 2 ans que je vivais là . Lire, une bonne sieste, puis un pti sandwich et lire encore avant de regarder le coucher de soleil avec une bière bien fraîche et puis les étoiles avec un bon bol de nouilles chinoises et enfin rester allongé devant la tente un moment à écouter les bruits qui vous entourent mais vous ne voyez rien, il faut ensuite aller dormir et s'imaginer que les hippos peuvent passer à quelques mètres de votre tente sans que vous ne vous apperceviez de rien ...

Dernière étape au Malawi, Cap Mc Lear au sud du lac Malawi, un autre pti coin de paradis où il faut surtout pas aller en haute saison mais en Mars comme j'en ai eu l'occasion c'est parfait. L'eau est d'un bleu ou d'un vert, en 4 jours, j'ai même pas reussi à savoir laquelle des deux couleurs était la plus proche de ce lac qui vous emporte. C'est simple, j'avais ma tente à moins de 3 mètres du bord de l'eau et je faisais de mon mieux pour me lever avant le soleil afin de ne pas rater les premieres lueurs du soleil parce que les couchers de soleil n'étaient pas terribles en définitive. Un pti tour en bateau sur l'île d'en face, un pti barbecue et du poisson frais en veux-tu en voilà , beaucoup de calme avec encore une fois, un bon bouquin et quelques bières bien fraîches.
J'ai eu ma dose de repos entre Liwonde et ses étendues immenses où les animaux donnent le ton et Cap Mc Lear où le très faible mouvement des vagues vous incite à pratiquer des activités d'un calme absolu alors il est temps de se tourner à nouveau vers la Zambie où j'espère avoir plus de chance qu'il y a 2 semaines. Une très bonne impression du Malawi, je conseille ce pays sans aucune hésitation, c'est vraiment bien plus que ce que vous pouvez imaginer et si vous n'imaginez rien parce que vous savez même pas que le Malawi est un pays, et bien faites moi confiance et prenez votre billet pour Lilongwe, vous serez pas décu. je ne connais que la partie sud du pays mais je sais pertinement que je reviendrai pour le nord.
Alors mes 6 dédicaces:
Ladislas, Céline et leur tétounette alias mister Antoine, Mes très chers amis du 64, généreux comme c'est pas permi et surtout toujours à l'écoute et le sourire aux lèvres.Tellement de souvenirs dans la maison du bonheur à Anglet Beach...
Si vous la vendez, j'achète mais dans 250 ans!!!
Yannick, Christine et Ninon Mesnard, Il faut bien prononcer le D comme un T pour une sonorité un peu plus flamande. Un exemple de ptite famille qui tourne bien et des amis très chers à qui je pense très fort et que je remercie pour leurs messages sur notre site.
Est-ce que Ninon écoutes déjà des CD de musique punk parce que son brushing est quand même des plus merveilleux...
Flo, So, Tom et Hugo Dhaynaut parce qu'ils sont toujours été là et parce qu'ils seront toujours là . Des amis incontournables, des amis pour la vie, des amis qui donnent envie...Plein de gros bisous à vous 4 et à très bientôt n'est-ce pas???
Mon pote François et maman Ludi parce que dans le genre: Jean-Phi on sera toujours avec toi, tu peux compter sur nous...on fait difficilement mieux. J'ai toujours reçu beaucoup de soutien de leur part, des encouragements et ils sont à jamais parmi mes interlocuteurs préférés. Nous nous connaissons bien et on est sur la même planète alors droit devant mes amis, je vous adore
Mister Damien Mignolet parce que comme il le dit si bien: c'est pas parce que nous vivons dans deux mondes différents que nous nous trouvons trop éloignés l'un de l'autre. Merci pour cette amitié long terme qui je pense n'est pas prête de s'éteindre
Et enfin
Messieurs Ugo Noce et Alexis Foucaud, deux de mes compatriotes de bringouille. Ces deux bonhommes attendent aujourd'hui chacun un ptit garçon et je tiens à les féliciter tous les deux ainsi que les futures mamans, Laure et Leatitia.
"6 milliards de piverts" se fera un plaisir d'accueillir deux nouveaux compatriotes sur la planète des travellers sans frontières...